Ces blessures bêtes qui gâchent la vie des cyclistes (et comment les éviter)

Quiconque a déjà roulé un peu sérieusement sait que le vélo, c’est un sport de liberté, de grand air... mais aussi de frottements, de tendinites et de douleurs sournoises. Car oui, il y a ces blessures bêtes – ni spectaculaires ni glorieuses – qui s’installent doucement mais sûrement jusqu’à gâcher nos sorties dominicales.

Bonne nouvelle : on peut les éviter. Ou du moins, apprendre à les repérer à temps, ! On en discute avec Fred Belaubre, ancien triatllète professionnel et 5e aux Jeux Olympiques d’Athènes.

Le corps et la machine : une histoire d’alignement

Comme le rappelle Fred, entraîneur et ancien triathlète pro, la blessure n’est jamais complètement évitable, mais on peut faire beaucoup pour la prévenir. Et tout commence par la position sur le vélo. « On fait corps avec sa machine. Donc il faut être à l’écoute de tous les points de contact : les mains sur le guidon, les fesses sur la selle, les pieds sur les pédales. »

C’est mécanique : si un élément est mal réglé, le déséquilibre se propage. Une selle trop haute ? Bonjour les douleurs aux ischios. Un guidon trop bas ? Préparez les cervicales. Des cales mal positionnées ? Le genou tire, puis trinque.

Les bobos les plus fréquents (et leurs causes)

Les blessures les plus courantes chez les cyclistes sont rarement dues à des chutes. Ce sont plutôt des douleurs « de placement » : genoux, dos, nuque, fessiers.

Deux grandes familles de coupables sont pointées du doigt :

  • Un mauvais positionnement : souvent sous-estimé, mais central.

  • Un entraînement mal dosé : trop, trop vite, trop fort.

Parmi les classiques :

  • Tendinites du genou (souvent sur l'extérieur) : causées par un désalignement ou une selle mal réglée.

  • Douleurs du moyen fessier : typiques du surentraînement ou d’une reprise trop brutale.

  • Engourdissements des mains : compression des nerfs au niveau du canal carpien, souvent liée à la position sur le guidon.

Et même le mal de fesses (qui semble inévitable au début) peut être un signal : non, ce n’est pas "normal" d’avoir mal dès qu’on enfourche un vélo. Il y a souvent un problème de selle (forme, largeur, position).

Étude posturale : luxe ou nécessité ?

À écouter Fred, il n’y a pas photo : « Le placement, c’est le meilleur investissement que vous puissiez faire. »

En effet une étude posturale coûte entre 100 et 500 euros. Mais c’est un investissement durable, . surtout si elles contribuent à prévenir les blessures tout en améliorant les performances « On évoque souvent le gain de puissance lié à une nouvelle paire de roues, mais une bonne position permet à la fois de produire davantage de watts et de rouler avec plus de confort. »

Et bonne nouvelle : aujourd’hui, on peut trouver des fitters qui raisonnent globalement (selle, semelles, cales, posture) et qui s’adaptent à votre objectif (performance, confort, aéro... ou un peu de tout ça).

L’autre facteur-clé : l’entraînement intelligent

On ne le répétera jamais assez : la progressivité, c’est la clé. Trop d’intensité, trop tôt, sans échauffement ni récup ? La blessure n’est qu’à quelques tours de pédales. « On ne se blesse pas forcément la première semaine, mais ça peut arriver très vite. »

Même lorsque le temps est compté, il est essentiel de ne pas négliger la phase d’échauffement. D’autant plus qu’avec l’âge, celle-ci devient encore plus importante. « À partir de 35 ans, il faudrait idéalement allonger l’échauffement de dix minutes tous les cinq ans » glisse Fred avec un sourire (et un fond de vérité scientifique).

Être à l’écoute… vraiment

La dernière compétence, et pas des moindres, c’est celle de savoir écouter son corps. Et ce n’est pas donné à tout le monde « Un athlète pro sait capter le moindre signal. Un amateur doit redoubler d’attention, car il capte moins de choses. »

Pas besoin de capteurs dernier cri : un simple carnet d’entraînement avec vos sensations (intensité perçue, fatigue) peut déjà vous aider à repérer les signaux faibles.

En résumé : pédaler, c’est bien. Sans douleur, c’est mieux.

Les trois piliers de la prévention selon Fred :

  • Positionnement optimal (selle, cales, guidon) – pensez à l’étude posturale.

  • Progressivité de l’entraînement – volume et intensité à ajuster

  • Écoute des signaux du corps – une gêne n’est jamais anodine. « L’erreur est humaine. La répéter, c’est diabolique. »

Alors, quitte à investir, commencez par vous acheter... un peu de confort et beaucoup de prévention.



Suivant
Suivant

Bien remplir ses réserves avant la course : le rôle clé des glucides pour éviter la fringale